Vers un été de tous les records !


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[EN VIDÉO] Réchauffement climatique : notre planète en territoire inconnu
  Dans la version préliminaire — qui ne couvre que les neuf premiers mois de l’année 2021 — de son rapport annuel State of the Global Climate, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) confirme la tendance au réchauffement climatique. Pour la première fois, la barre d’une hausse de 1 °C par rapport aux moyennes préindustrielles a été franchie sur la période des vingt dernières années. Mais le rapport met surtout en avant les nombreux phénomènes météo extrêmes survenus en 2021 et leurs conséquences pour la planète et pour l’humanité. © Organisation météorologique mondiale 

Le réchauffement climatique est en marche. Ses effets commencent à se faire ressentir. Un peu partout sur la planète. De manière particulièrement sévère en cet été 2022 qui n’en est qu’à la moitié et a déjà vu tomber pas mal de records. Et ce, malgré l’influence rafraichissante d’un phénomène La Niña persistant.

Une chaleur torride sur la France

Ce mois de juin — le premier mois de celui que l’on appelle l’été météorologique — se classe en tête des mois de juin les plus chauds jamais enregistrés sur les terres émergées. Avec une température moyenne de +1,8 °C au-dessus des normales préindustrielles. La France a d’ailleurs connu à ce moment-là, une vague de chaleur précoce. La plus précoce jamais enregistrée.

L’anomalie — comprenez la différence de température par rapport à la normale — a atteint +8,86 °C. Et le 18 juin, l’indicateur thermique national est monté à 27,38 °C. Il n’avait jamais fait aussi chaud aussi tôt dans la saison en France métropolitaine.

Des records absolus de température ont été battus. À Biarritz (64), par exemple, il a fait 42,9 °C ce même 18 juin. L’ancien record datait du 4 août 2003. Il avait alors fait 40,6 °C. De nombreux records mensuels ont aussi été battus, à Carcassonne (11), à Niort (79), à Dinard (35) ou encore à Cognac (16) où il a fait 40,0 °C contre 38,2 °C en juin 1952.

Des records absolus ont aussi été battus concernant les températures nocturnes. À Villefranche (69), il a fait un incroyable 27 °C. L’ancien record datait de juillet 2015 et n’était « que » de 23,8 °C.

Au mois de juillet, rebelote. Une nouvelle vague de chaleur a déferlé sur la France. À l’échelle nationale, elle n’a pas été la plus longue, ni la plus intense, ni la plus sévère. Mais au niveau local, sa durée a parfois été exceptionnelle. Dans l’Hérault, par exemple, elle a duré 22 jours. Un autre record !

Des records absolus de température ont de nouveau été battus. Comme à Brest (29) où il a fait 39,3 °C le 18 juillet. L’ancien record datait du 9 août 2003. Il avait fait 35,1 °C à Boulogne-sur-Mer (62), c’est le 19 juillet qu’il a fait 39,6 °C. Alors que l’ancien record local était de 37,9 °C. Il ne datait que de juillet 2020.

Une troisième vague de chaleur a débuté ce 31 juillet. Son bilan n’est pas encore disponible. Mais d’ores et déjà, ne considérant que les deux premières vagues de chaleur de l’été météorologique — du 1er juin au 31 août –, Météo France décompte 19 jours de chaleur. Les records étant détenus par 1983, avec 23 jours de vague de chaleur, 2003 avec 22 jours et 2006 avec 21 jours.

Selon Météo France « les vagues de chaleur recensées depuis 1947 à l’échelle nationale ont été sensiblement plus nombreuses au cours des dernières décennies ». Elles ont été trois fois plus nombreuses sur les 35 dernières années que sur les 35 années précédentes. Et le nombre de jours de vagues de chaleur a été multiplié par 9.

Bilan, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, notamment ce mois de juillet s’affiche comme le plus chaud jamais enregistré. Et pour certaines stations, il aura même été le mois d’été le plus chaud. Comme à Salon-de-Provence (13) ou Istres (13).

Une quatrième vague de chaleur est actuellement en cours…

La France à sec

Et il n’y a pas que du côté des températures que des records ont été enregistrés — ou sont sur le point de l’être. Selon Météo France, le mois de juillet 2022 a tout simplement été le plus sec depuis 1959.

Sur l’ensemble du pays, le déficit de précipitation a été d’environ 84 %. Un déficit qui arrive après un printemps déjà très sec. Et qui se combine aux fortes chaleurs pour assécher nos sols. Depuis le 17 juillet, d’ailleurs, la France établit chaque jour un nouveau record en la matière. C’était déjà le cas depuis début juillet en Corse. Depuis mi-mai, même, en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Résultat, en ce début août, des sols plus secs qu’ils ne l’étaient en 1976 et en 2003. Et la situation pourrait s’aggraver dans les jours qui viennent. Avec des experts de Météo France qui s’attendent à ce que le record absolu de sécheresse des sols superficiels qui date de 2003 soit battu.

Le monde entier bouleversé par le changement climatique

La France n’est pas la seule concernée par cette situation extrême. Dès le mois de juin, 50 stations météo dans le monde avaient battu un record. Il a ainsi fait 44,4 °C dans le Nouveau-Mexique (États-Unis), jusqu’à 44,2 °C en Chine et 47,8 °C en Iran.

En ce mois de juillet, plusieurs records absolus de température ont été battus en Europe. 47,0 °C à Pinhao (Portugal) et 45,4 °C à Cadeleda (Espagne) et 40,1 °C à Hambourg (Allemagne). Pour la première fois, la barre des 40 °C a été franchie au Royaume-Uni avec un record de 40,3 °C enregistré à Coningsby. Avec un mois de juillet, là aussi, qui termine en tête des mois de juillet les plus secs depuis 1935.

La Belgique, par exemple, a aussi enregistré son mois de juillet le plus sec. Et aux Pays-Bas, il a plu en moyenne, au cours de ce même mois, 23 millimètres. Pour une normale située à… 78 millimètres !

De l’autre côté de l’Atlantique, la situation est la même. Avec aussi des températures de nuit atteignant des sommets. Près de 28 °C dans l’Iowa, ce 3 août 2022. 28 °C… la nuit !

À Hong-Kong, la température du mois de juillet s’est arrêtée à +1,4 °C au-dessus des normales. Faisant de ce mois, le plus chaud jamais enregistré. Avec des précipitations de l’ordre des 160 millimètres pour une normale plutôt autour des 385 millimètres.

Au Japon aussi, des records ont été battus. Un record absolu de 36,5 °C, toujours ce 3 août 2002, à Inatori. Mais déjà au mois de juin, Tokyo avait connu sa vague de chaleur la plus extrême jamais enregistrée avec neuf jours au-dessus de 35 °C. Et ce sont des pluies torrentielles, cette fois, qui se sont très récemment abattues sur certaines régions du nord et la Corée du Sud. Plus de 500 millimètres en 24 heures sur une partie de la préfecture de Niigata. Quelque 500.000 personnes ont été appelées à évacuer.

La Nouvelle-Zélande, elle, a connu son mois de juillet le plus humide jamais enregistré. Avec 266 millimètres de précipitation — au 28 juillet. Sachant que depuis 1864 et le début des enregistrements, sur quelque 1.739 mois, seuls 15 ont dépassé les 200 millimètres de pluie. À Christchurch, il est tombé, en un seul mois, 43 % du total de pluie annuel !

Du côté de l’Australie, c’est l’hiver en ce moment. Mais l’été dernier a aussi connu son lot de records. Avec le record de chaleur du pays égalé à 50,7 °C. Et même si les journées à plus de 50 °C restent rares, les chercheurs rapportent qu’elles ont doublé depuis les années 1980.

En cause, un changement climatique anthropique porteur d’extrêmes. Comme l’avaient annoncé les scientifiques il y a plus de 40 ans. Un peu plus même. Parce que cet été semble vouloir défier les modèles climatiques. Il y a 2 ans, une étude estimait « peu probable » que la barre des 40 °C puisse être franchie au Royaume-Uni avant 2030… Une preuve, pour les chercheurs, qu’il reste des paramètres — comme l’utilisation des terres ou l’irrigation — qui influent sur les vagues de chaleur notamment et que les modèles n’intègrent pas encore suffisamment.

Une étude montre toutefois que le réchauffement climatique rend la vague de chaleur qui a déferlé en juillet sur l’Europe au moins 10 fois plus probable. Et qu’il lui a ajouté — du côté du Royaume-Uni, en tout cas — pas moins de 4 °C ! Le réchauffement climatique semble aussi rendre les vagues de chaleur de plus en plus précoces. Celle qui a touché l’Inde dès le mois de mars 2022 en est un exemple frappant. Ce type d’événement extrême devient 30 fois plus probable avec le changement en cours. Quant aux vagues de chaleur simultanées dans différentes régions du Globe, elles semblent être devenues 6 fois plus fréquentes dans l’hémisphère nord entre 1979 et 2019. Les records n’ont pas fini de tomber…

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