Vote des étrangers: «Une question de justice sociale» pour Rebsamen


Accorder le droit de vote aux étrangers extra-communautaires pour les élections municipales est «une question de justice sociale» dans une France «à la traîne» sur ce sujet, estime dans le JDD l’ancien ministre PS François Rebsamen, soutien d’Emmanuel Macron. Le député Sacha Houlié, membre de l’aile gauche du groupe présidentiel Renaissance, a déposé «à titre personnel» une proposition de loi constitutionnelle visant à «accorder le droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales» à «tous les étrangers, même non européens». L’initiative a reçu un accueil favorable à gauche et suscité des critiques d’élus de droite. Et le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin y est «fermement opposé».

«C’est une question de justice sociale. Les ressortissants communautaires peuvent participer aux scrutins municipaux. Dès lors, l’argument qu’on nous opposait sans cesse – et que la droite continue de brandir – selon lequel accorder un tel bénéfice rompt le lien existant entre nationalité et citoyenneté tombe de lui-même», estime François Rebsamen. «Pourquoi les uns et pas les autres, sauf à faire preuve de rejet, voire de racisme, vis-à-vis de certains de nos concitoyens ? Pourquoi ce traitement différencié, notamment envers ceux qui viennent de l’autre côté de la Méditerranée ? La peur de l’islamisme radical fait qu’aujourd’hui nombreux sont ceux qui crient au loup avec le Rassemblement national», ajoute-t-il.

François Rebsamen se «félicite» donc de l’initiative de Sacha Houlié mais prône plutôt la reprise d’un texte adopté par l’Assemblée mais aussi par le Sénat, alors à majorité de gauche, en 2011. «Ce que la gauche n’a pas eu le courage de faire sous François Hollande, (…) elle peut le faire à présent. C’est une occasion rêvée pour montrer que l’Assemblée nationale peut voter des textes de gauche», plaide-t-il. Le droit de vote des étrangers aux élections locales avait été promis par François Mitterrand et François Hollande, sans aboutir. Quant à l’idée «qu’en autorisant les étrangers à voter aux élections municipales il y aura des listes communautaires», selon M. Rebsamen «c’est faux » car la proposition «précise bien qu’ils ne peuvent pas être élus maire ou adjoint ni membre du collège électoral des sénateurs».

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